Mon processus de création d’une aquarelle originale

illustration de l'article de blog "Mon processus de création pour une aquarelle" avec le titre de l'article, l'URL du site christellelachambre.com et un visuel d'un détail de la peinture originale 'Gardien de l'Esprit Sylvestre' réalisé par l'artiste Christelle Lachambre, centré sur le buste du lynx boréal qui se tient sur une branche d'arbre.

Le processus de création d’une aquarelle originale contemporaine est un voyage fascinant qui mêle technique, inspiration, intuition… et lâcher-prise. L’aquarelle, avec sa fluidité et sa transparence, permet de capturer des émotions avec une délicatesse unique. Dans cet article, je vous ouvre les portes de mon univers artistique pour vous montrer comment naissent mes aquarelles animalières contemporaines : un chemin où se rencontrent poésie, gestes précis et connexion au vivant.

Pourquoi choisir l’aquarelle ? Parce qu’elle offre une liberté d’expression incomparable, une richesse de nuances, et une capacité rare à traduire la sensibilité d’un regard animal. Vous découvrirez ici l’ensemble du processus de création : comment je trouve mes inspirations, quels matériaux j’utilise, et comment chaque couche de couleur contribue à donner vie à une œuvre originale.

Sommaire

Processus de création - Étape 1 : Trouver l'inspiration

Sources d'Inspiration générales

L’inspiration est toujours le point de départ. Mes aquarelles puisent leurs racines dans plusieurs sources qui nourrissent mon imaginaire :

Animaux, nature et paysages

Le monde animal est au cœur de ma démarche. Les formes naturelles, les pelages, les textures organiques, les mouvements du vivant m’inspirent profondément. Les reportages animaliers et les photographies prises au téléobjectif me permettent d’observer un regard, un souffle, un éclat de lumière qui déclenche une émotion.
Les animaux que je peins ne sont jamais choisis au hasard : chacun porte une symbolique, une énergie singulière. J’essaie d’en révéler la force, la douceur, la vulnérabilité… et le lien intime qui nous unit à eux.

Émotions et expériences personnelles

L’art me permet de transmettre ce que je ressens. Chaque œuvre porte une part de mes questionnements, de mes émerveillements et de ma sensibilité au vivant.

Autres œuvres d’art

Galeries, musées, artistes contemporains ou classiques : tout cela nourrit mon regard. J’aime comprendre comment les autres artistes explorent la matière, la lumière ou l’animalité.

La contrainte comme moteur créatif

Lorsque l’inspiration se fait timide, j’utilise un outil ludique : un jeu de cartes que j’ai créé, rempli de contraintes artistiques.
Une carte piochée au hasard peut m’inviter à travailler uniquement en bleus, à mélanger aquarelle et encres, ou à explorer une thématique précise.

Ce procédé m’aide à dépasser l’angoisse de la page blanche :

  • il donne une direction claire,
  • stimule l’innovation,
  • encourage l’exploration,
  • m’invite à sortir de ma zone de confort pour entrer dans une zone de curiosité.

Certaines de mes œuvres les plus surprenantes sont nées de ces contraintes inattendues.

Souris et fantaisie fromagère est né de l’association de contraintes « géométrique » et « souris » par exemple.

Techniques pour capturer l'inspiration

Pour ne rien perdre des images qui me traversent, je capture l’inspiration de différentes manières :

  • Croquis rapides : pour saisir formes, attitudes, compositions.

  • Photographies : idéales pour étudier textures, lumières, regards.

  • Moodboards et carnets d’inspiration : où je rassemble couleurs, matières, textures idées.

  • Observation lente et méditative : regarder longuement un animal, un arbre ou une lumière me permet d’en comprendre l’essence et m’aide à approfondir ma connexion avec le sujet et à imaginer comment le transposer en peinture.

Cette phase est un souffle créatif permanent qui donne profondeur, émotion et authenticité à chaque aquarelle.

Processus de création - Étape 2 : Préparation du Matériel

Une fois l’élan créatif trouvé, je prépare la matière et les outils qui donneront forme à l’intention. C’est un moment presque rituel qui me met dans un état de présence propice à la création.

Choix du papier aquarelle

Le choix du papier est une étape importante dans la préparation d’une aquarelle. J’opte généralement pour un papier 100% coton avec un grammage élevé (au moins 300 g/m²) pour garantir une absorption optimale et une durabilité accrue. Ce type de papier permet de mieux gérer les lavis et les multiples couches de couleur sans se déformer. 

J’ai exploré différentes textures avec différents types de grain tels que le grain fin pour des détails précis ou le grain torchon pour des effets plus texturés, le grain fin étant celui que je privilégie le plus souvent car pour moi il offre un bon compromis entre la texture, les jeux d’eau et la maîtrise technique.

Parfois j’utilise du papier cellulose pour les esquisses préparatoires ou pour travailler un geste ou tester une couleur. Je m’intéresse également à d’autres types de papiers éco-responsables dans mes explorations actuelles, telle que l’agave, la canne à sucre ou le bambou, en accord avec mon engagement envers le vivant.

Le cerf, Gardien du Cycle, issu de la Collection des Gardiens, réalisé sur un papier en fibres mélangées 70% agave, 30% coton.

Les pinceaux et les couleurs

J’utilise une variété de pinceaux, allant des pinceaux à lavis à forte rétention d’eau aux pinceaux fins pour les détails minutieux. Les pinceaux en poils naturels sont réputés pour leur précision et leur rétention d’eau exceptionnelle. Cependant, avec le temps et en cherchant, j’ai trouvé des marques de pinceaux qui font des poils synthétiques de très bonne qualité. C’est ceux que je privilégie désormais pour les nouveaux que j’achète, mais comme je n’aime pas le gaspillage, je ne jette pas les anciens qui me tiendront encore des années 

En ce qui concerne les couleurs, je privilégie les aquarelles de qualité artistique extra-fine pour leur pigmentation intense et leur transparence. J’aime beaucoup la gamme Sennelier fabriquée en France et de haute qualité, j’aime aussi explorer des couleurs artisanales réalisées avec coeur et savoir-faire, et je teste également les couleurs Daniel Smith, majoritairement vegan. 

J’aime expérimenter des palettes de couleurs variées, en fonction de l’émotion et du thème que je souhaite exprimer dans chaque œuvre. Je suis une amoureuse des couleurs !

L’organisation de l’atelier

Un atelier bien rangé m’aide à entrer dans une concentration douce. Lumière naturelle, outils à portée de main, pigments alignés… puis, au fil de la création, un joyeux chaos prend le relais.

Ce désordre contrôlé fait partie du processus : une œuvre vivante demande un espace vivant.

Processus de création - Étape 3 : Esquisse Préliminaire

Importance de l'esquisse

Selon les projets, l’esquisse peut être très détaillée… ou presque absente.
Lorsque la vision est claire, je me lance parfois directement dans la couleur.

L’Oeil, issu d’une vision en journée et en rêves pendant plusieurs jours, est né sans esquisse préalable.

Dans d’autres cas, l’esquisse me permet de :

  • clarifier la composition et définir les formes principales,
  • déterminer les points focaux,
  • préciser une lumière, des tonalités ou parfois des rendus de textures,
  • réduire les risques d’erreurs majeures.

C’est le squelette de l’œuvre, ce qui prépare la danse des couleurs à venir.

Croquis préliminaire pour l’éléphant Gardien de la Mémoire du Vivant

Techniques d'esquisse

Pour mes esquisses, j’utilise dans un premier temps un carnet à esquisse et principalement des crayons, qui me permettent de dessiner des lignes légères et faciles à effacer. Parfois, j’utilise des crayons de couleurs pour avoir déjà une idée de tonalités. Une fois l’esquisse terminée, je l’affine avec des lignes plus définies, en gardant à l’esprit les zones où la lumière et les ombres joueront un rôle crucial. Cette approche flexible me permet d’aborder l’étape de la peinture avec une vision claire et un plan bien établi.

Une fois satisfaite, je reporte une esquisse plus légère sur le papier aquarelle, parfois au crayon aquarellable pour qu’il se fonde dans les couches suivantes.

Processus de création - Étape 4 : Application des Premières Couches de Couleur et Développement des Détails et des Textures

Le travail de la matière pour donner des volumes

Dans ma série Les Gardiens, j’explore davantage la dimension tactile et organique de mes œuvres. Avant même de poser la première goutte d’aquarelle, je crée parfois des volumes légers sur le papier en utilisant un couteau à peindre. Ces reliefs évoquent des éléments naturels — eau, pierre, bois, écorce — et insufflent immédiatement une énergie vivante à la surface.

Cette étape me permet d’ancrer l’œuvre dans une matérialité plus profonde. À travers ces textures, je cherche à retranscrire la présence du vivant, la sensation que l’on pourrait presque caresser un pelage, sentir la fraîcheur d’une eau en mouvement ou percevoir l’air qui circule autour de l’animal. Ces matières deviennent des points d’appui pour les couleurs à venir, guidant subtilement les nuances et les ombres tout en renforçant la dimension sensible de l’œuvre.

Techniques de base pour les premières couches (travail dans l’humide)

Une fois la matière posée, commence un moment clé de mon processus : le travail dans l’humide. Je mouille généreusement ou partiellement le papier, selon l’ambiance recherchée, puis j’y dépose les pigments. C’est un instant où la peinture semble avoir sa propre volonté. Les couleurs s’étirent, fusionnent, se repoussent, créant des transitions impossibles à obtenir autrement.

Ce mélange de contrôle et de lâcher-prise est au cœur de ma pratique de l’aquarelle contemporaine. Je laisse à l’eau la liberté d’interpréter mes gestes, d’adoucir une frontière, d’accentuer une ombre, de relier des zones entre elles. Cette phase me permet d’établir la lumière générale, d’installer l’atmosphère, d’esquisser les premières émotions visuelles de l’œuvre.

Là où l’acrylique ou l’huile demandent une construction plus maîtrisée, l’aquarelle, elle, propose une collaboration : une danse subtile entre l’artiste et l’élément liquide. J’aime cette dimension imprévisible, presque vivante, qui contribue à l’âme de chaque pièce.

Techniques pour ajouter des détails fins

Une fois les fonds secs, je passe à la construction plus précise : superposition de couches, détails du pelage, définition des volumes, intensification des ombres et des lumières. C’est à ce moment que les formes prennent vraiment vie.

J’accorde une importance particulière au regard. Poser un regard, c’est faire entrer l’âme de l’animal dans l’œuvre. Parfois, je le peins très tôt, comme pour établir un dialogue avec la création, comme ça a été le cas avec le lynx Gardien de l’Esprit Sylvestre. Parfois, je l’ajoute plus tard, lorsque toute l’énergie générale est déjà perceptible comme pour l’éléphant, Gardien de la Mémoire du Vivant, où je n’ai eu besoin que d’une esquisse colorée rapidement avant de démarrer car j’avais déjà son énergie qui me traversait.

Les couches successives permettent d’obtenir des textures fines, des transitions soyeuses, une profondeur qui donne l’impression que l’animal pourrait sortir du papier. Chaque passage est pensé pour renforcer l’émotion et l’intention initiales.

Utilisation de différents outils pour créer des textures

Au-delà du travail traditionnel au pinceau, j’aime jouer avec différents outils pour enrichir mes textures :

  • le sel, pour créer des effets cristallisés, neigeux ou organiques ;

  • le plastique froissé, pour générer des veinures, des éclats de lumière ou des dégradés imprévus ;

  • la cire, qui repousse l’eau et permet d’obtenir des zones de lumière préservée ;

  • les éponges ou tissus, pour ajouter des touches mates ou irrégulières.

Ces outils permettent d’ajouter une dimension supplémentaire à l’œuvre. Chaque texture raconte quelque chose : l’air, le mouvement, la matière, la mémoire du vivant. Elles servent de passerelle entre l’abstrait et le figuratif, entre la sensation et la représentation.

Processus de création - Étape 5 – Finitions et corrections

Recul, respiration et ajustements

Les finitions d’une aquarelle sont une étape essentielle, presque détachée de la phase créative active. C’est le moment où je me mets à distance, littéralement et symboliquement.
Je pose les pinceaux, je m’éloigne, et je laisse l’œuvre respirer.

Avec le recul, je perçois mieux :

  • l’équilibre général,
  • la cohérence des couleurs,
  • la circulation de la lumière,
  • les zones qui manquent de relief ou de douceur,
  • les parties trop chargées ou au contraire trop timides.

Il m’arrive de laisser l’œuvre reposer un jour ou deux afin d’y revenir avec un regard neuf. Cette pause est précieuse : elle m’évite l’excès, me permet de sentir si l’œuvre est “ouverte” ou “fermée”, si elle raconte réellement l’histoire que je voulais transmettre, si l’animal semble vivant.

Je réalise alors des retouches légères : ajuster une ombre, renforcer un éclat dans un regard, adoucir une transition, accentuer une texture. Ces micro-interventions sont souvent celles qui achèvent de donner à l’œuvre son caractère final.

Signature, vernis et dernière intention

Lorsque tout est en harmonie — l’énergie, la composition, la lumière — vient le moment de signer. La signature est un geste symbolique : elle marque la fin du dialogue avec l’œuvre et le début de celui avec le spectateur.

Ensuite, selon la technique utilisée et le rendu recherché, j’ajoute parfois une couche de vernis spécialement conçu pour l’aquarelle. Il permet :

  • de protéger l’œuvre,
  • de révéler davantage les volumes selon les choix de vernis.

Dans certains cas, je réfléchis aussi à un encadrement adapté. Le cadre participe à la mise en valeur : il souligne la poésie de l’aquarelle, offre une respiration autour du sujet, et contribue à l’émotion finale.

Les finitions sont l’ultime étape qui transforme une création en œuvre accomplie : une présence offerte à celui ou celle qui la regardera.

👉Voir mon article « Encadrer une aquarelle en caisse américaine »

Le lynx, Gardien de l’Esprit Sylvestre encadré dans sa caisse américaine après marouflage, montage sur chassis et vernis protecteur.

Pourquoi ce processus est essentiel pour moi

Chaque étape, de la première intention à la dernière retouche, me permet de créer une œuvre qui a du sens.

Mon objectif n’est pas seulement de représenter un animal, mais de transmettre une présence, une émotion profonde, une connexion au vivant.

Ce processus me permet d’aller au-delà du figuratif pour créer des aquarelles contemporaines qui racontent une histoire et invitent à la contemplation.

En conclusion

Le processus de création d’une aquarelle contemporaine est bien plus qu’un ensemble de techniques : c’est une rencontre.
Une rencontre avec le sujet, avec l’eau qui suit son propre chemin, avec les émotions qui se déposent au fil des couches.
Chaque œuvre naît d’un équilibre délicat entre intention et lâcher-prise, entre précision et poésie.

J’espère que ce voyage dans les coulisses de ma création vous aura permis de ressentir la sensibilité, la douceur et l’engagement qui animent mon travail.

Si vous souhaitez découvrir les aquarelles nées de ce processus, je vous invite à explorer mes collections. Peut-être qu’un regard, une couleur ou une présence vous touchera comme elle m’a touchée en apparaissant sur le papier.

Merci d’avoir cheminé avec moi dans cet univers où l’art rencontre le vivant.

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